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  • Oriane LAUNAY

Portrait étudiant-entrepreneur "L'IUT a été le premier acteur à m'aider dans ce projet"

Mis à jour : 4 nov. 2020

En avril 2019, Matthieu Nasri, ancien étudiant à l'IUT de Paris Rives de Seine, lance son projet de start-up avec l'aide du Starter. Incubé, depuis, à la Station F, il raconte son parcours de l'IUT à l'entreprenariat.


Matthieu Nasri


Quel est votre parcours ?

Après mon BAC, je suis entré à l’IUT Paris Descartes en Information-Communication. J’ai par la suite poursuivi avec une licence Pro chef de projet communication, toujours à l’IUT Paris Descartes. Pendant mon parcours j’ai toujours été persuadé que les métiers en agence étaient faits pour moi. J’hésitais beaucoup sur le poste qui me plairait le plus. L'une de mes professeurs référentes m'a mis en relation avec un ancien étudiant qui m’a beaucoup guidé. Grâce à lui, j’ai pu affiner mon parcours et me suis orienté vers le planning stratégique.

Après un super stage chez DDB au New Business (l’équipe qui gère les appels d’offre), je me suis rendu compte que même si ce métier me fascinait, il ne me conviendrait pas pour toujours... En parallèle, issu d’une famille d’entrepreneurs, j’ai toujours eu cette envie au fond de moi. J’en avais parlé très tôt à Marc Bourgois du Starter qui m’a très vite aiguillé vers les bonnes personnes. C’est ainsi, qu’en début de licence pro, j’ai lancé mon projet de startup, en parallèle des cours avec le soutien de Marc Bourgois et de Muriel Louâpre qui ont accepté d’aménager certains de mes cours pour dégager un maximum de temps à mon projet.


En quoi consiste votre start-up ?

Aujourd’hui, de plus en plus de startups sont financées par des investisseurs. Mais malheureusement, 80% d'entres elles échouent en moins de 3 ans, notamment car les associés ne s’entendent plus et décident de prendre des chemins différents.

Elveo est le nom de la start-up, elle analyse le comportement de chaque associé pour déterminer s’ils seront capables de travailler ensemble sur le long terme. Nous vendons cette analyse aux investisseurs pour dérisquer leurs investissements.


Comment l’idée vous est-elle venue de monter votre start-up ? Avez-vous beaucoup hésité ?

Mon père est psy, j’ai toujours été passionné par le fait d’analyser les gens. J’aimais beaucoup les tests de personnalité et je les utilisais depuis très longtemps pour constituer mes équipes de projets à l’IUT, ça marchait incroyablement bien. Un jour, sur la plage en plein mois d’août, j’ai lu un article de Forbes relatant ce que je vous ai dit précédemment au sujet des collaborateurs. J’ai tout de suite fait le lien et je me suis dis que ce serait pertinent d’utiliser la psychologie pour aider les investisseurs à parier sur les bonnes équipes.

Je n’ai pas hésité une seconde, de retour à Paris j’ai fait une première version rapide, j’ai contacté un investisseur sur LinkedIn, on a pris un café, il a aimé l’approche, c’était parti ! :)


Êtiez-vous seul à l’initiative de ce projet ?

On n’est jamais seul... (rires). J’ai beaucoup travaillé avec mon père pour créer la première version de l’algorithme. J’ai aussi travaillé avec l’ancien DRH d’Alstom et un RH chez Total pour créer l’outil.

Je me travaille maintenant avec Ieva, mon associée.


Comment avez-vous financé votre start-up ?

Jusque-là Elveo m’a couté 700€ donc uniquement avec mes propres fonds et les bénéfices. C’est l’avantage de ne pas (encore) se payer ! On a plusieurs investisseurs intéressés mais il est encore trop tôt pour lancer une levée de fonds.


L’IUT vous a-t-il aidé dans ce projet ?

L’IUT a été le premier acteur a m’aidé dans ce projet. Avant même d’avoir une idée, je suis allé au starter voir Marc Bourgois. Je suis arrivé en lui disant “Je sais que je veux être entrepreneur mais je ne sais pas sur quoi me lancer”. Marc [iniatiateur du Starter au sein de l'IUT] m’a tout de suite aiguillé, donné des conseils d’entrepreneuriat et je suis revenu peu de temps après avec une idée.

Par la suite, Le Starter m’a ensuite mis en relation avec des entrepreneurs expérimentés (Maxime Valette, fondateur de VDM, des chercheurs, des futurologues…) qui m’ont conseillé. Il m’a permis d’avoir le statut étudiant entrepreneur, de rejoindre Station F et d’aménager mes cours avec Muriel Louapre, directrice du département communication.


Votre projet fonctionne-t-il bien ?

Haha, excellente question. C’est difficile de répondre, financièrement absolument pas. On est sur un type de produit qui mets du temps et de la recherche à être construit, il est donc normal de ne pas pouvoir commercialiser tout de suite. On pourrait vendre la solution aux entrepreneurs qui recrutent mais on est persuadé qu’il y a un plus gros poisson à aller chercher : les investisseurs.

On se concentre sur la création de l’outil parfait pour eux, si on y arrive, on pourra dérouler très vite. Pour l’instant c’est encore une phase de création de l’outil et donc de faibles revenus.


Que se passera-t-il pour vous s’il ne fonctionne pas ?

Je lancerai autre chose, surement dans l’investissement de voiture de collection. Les voitures de collection prennent tous les ans de la valeur, on peut très bien en faire un asset financier comme un livret A. Ce serait un service que l’on vendrait aux family office (les fonds d’investissements des grandes fortunes).


D’ailleurs, êtes-vous optimiste ?

Si l’on n’est pas optimiste mieux vaut prendre un CDI... ;-)


Comment votre start-up a-t-elle traversé la période du Covid jusqu’’ici ?

Mal, on devait signer des contrats avec des entrepreneurs qui recrutaient, des tests avec des investisseurs reconnus, tout est tombé à l’eau.

On a continué à avancer au ralenti sur le produit mais on a pris 6 mois de retard. Ça n’a repris qu’en septembre.


Quand vous étiez à l’IUT, quel métier souhaitiez-vous faire et quels secteurs vous intéressaient ?

Planeur stratégique en agence, sur les campagnes de marque principalement.

Mais en réalité, être entrepreneur c’est la même méthodologie qu’une campagne de com. Simplement, à la différence d’une agence, on travaille sur la même marque pendant 10 ans. La vraie question c’est : est-ce que j’ai envie de changer de sujet souvent (comme en agence) ou est-ce que je suis prêt à travailler 10 ans sur la même marque, l’affiner, la faire évoluer (comme un entrepreneur ou chez l’annonceur).

C’est une vraie question à se poser très tôt car la réponse est difficile, perso j’ai fait un stage chez l’annonceur et en agence pour tester, c’est la meilleure méthode. On a la chance à l’IUT d’avoir des profs qui nous connaissent personnellement et qui peuvent nous conseiller précisément, ne manquez pas cette opportunité car elle est rare et ça peut changer votre vite (je vous jure!).


Quels conseils donneriez-vous à des étudiants souhaitant devenir entrepreneurs et même ceux ne le souhaitant pas ?


1. N’allez pas faire les concours pour obtenir un peu d’argent. Facebook, Airbnb, BlablaCar aucune de ces super boites n’a fait ça, il y a une raison : si vous voulez gagner de l’argent avec votre boite, créez un super produit que les gens achètent, tout le reste viendra naturellement

2. Allez voir la BPI seulement lorsque vous avez des clients

3. Candidatez à un incubateur que lorsque vous avez un premier produit

4. Allez voir Marc Bourgois au Starter

5. Votre idée n’a aucune valeur, plein de gens l’ont surement déjà eue. Ce qui est important c’est comment vous allez la mettre en place donc parlez de votre projet à ceux qui pourraient être vos clients. C’est eux qui vous diront si c’est une bonne idée ou pas

6. Si vous ne savez pas par où commencer, j’ai une liste de vidéo qui vous explique comment faire : https://www.youtube.com/playlist?list=PLT5FtJ2PK6Gx-_JUgcLG6fLpOixz2WWNv

7. D'autres vidéos également fort intéressantes, de Koudetat http://koudetat.co

8. Demandez-vous pourquoi vous faites ça. Une startup c’est 10 ans environ pour la revendre et toucher de gros billets. Il faut plus que l’argent comme motivation. Gardez en tête que 20% des startups réussissent, êtes-vous prêt à faire ce pari sur 10 ans ? Si vous êtes assez fous pour le faire, vous êtes surement des entrepreneurs rares :)




Baptiste Perrin


Junior Agence de Communication

143 Avenue de Versailles, 75016 Paris